Ce site vise à faire mieux connaitre les réalités de la cyberexploitation sexuelle et de la cyberagression sexuelle, deux fléaux reliés à la propagation de photos et de vidéos intimes sur le web via les ordinateurs et les téléphones cellulaires. Si tu es victime de harcèlement, d’intimidation ou de chantage en ligne, ou si tu connais quelqu’un qui rencontre ces problèmes, tu trouveras ici des conseils et des ressources pour faire face à la situation.

Cyberexploitation
& cyberagression sexuelle, c’est quoi ça?

L’exploitation consiste à abuser de son pouvoir ou à utiliser, un rapport de force, la menace la contrainte ou la tromperie dans un échange. L’exploitation sexuelle, c’est l’utilisation d’un rapport de force pour tirer un avantage personnel ou financier de la nudité ou la sexualité d’autrui.

Il y a cyberagression sexuelle lorsqu’une personne expose la nudité ou la sexualité d’autrui sur Internet sans son consentement ou porte atteinte à son intégrité physique ou psychologique en lui imposant des images intimes.

Il y a cyberexploitation sexuelle lorsqu’une personne tire un gain personnel ou financier en exposant la nudité ou la sexualité d’autrui sur Internet.

Que vient faire Internet, ton cellulaire ou ton ordi dans tout ça?

Que vient faire Internet, ton cellulaire ou ton ordi dans tout ça?

Ils viennent simplement élargir le terrain de jeu des personnes mal intentionnées qui veulent tromper, manipuler et contraindre autrui. On parle ici de cyber crime, un crime commis sur Internet avec la sexualité comme enjeu, comme appât… ou comme monnaie d’échange.

Aujourd’hui, les jeunes ont accès à un cellulaire avant même d’avoir eu leurs premières relations intimes. Être en ligne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 peut être un obstacle au développement de relations saines et égalitaires. L’inexpérience relationnelle et la disponibilité en ligne peuvent être alléchantes pour les personnes qui cherchent des proies faciles sur Internet. Malheureusement, le manuel d’instruction pour se protéger des dangers inhérents à l’utilisation du cellulaire n’est pas fourni avec l’appareil!

Chaque jour, des victimes de cyberexploitation sexuelle tombent dans les pièges tendus sur Internet et paient parfois un prix très élevé pour leur méconnaissance des ruses utilisés par les cyberprédateurs.

La pandémie actuelle nous encourage à diffuser plus de vidéos, d’images et de textes. Les partages de matériel de nature sexuelle sur Internet ne font pas exception. Ils sont en hausse et les proxénètes, les extorqueurs et les manipulateurs en tous genres sont à l’affût des plus jeunes utilisateurs, toujours plus nombreux chaque année. Prudence!

Par exemple, un stratagème classique du cyber prédateur-extorqueur-séducteur masqué est de communiquer avec toi sous un pseudonyme rassurant sur un forum de discussion ou un site de rencontres. Niaiseux, mais ça marche.

Malheureusement, la menace peut venir aussi d’un proche, d’un amoureux déçu, de la nouvelle amie d’un ex, d’un ex, d’un groupe, bref de personnes qui ont décidé de te nuire, de ternir ta réputation ou ton image.

Tous les moyens sont bons !

Quelles sont les armes des « cyber prédateurs » ? Avant tout la séduction. Ensuite, tous les moyens sont bons.

La Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rapportaient au printemps 2020 une augmentation du nombre de signalements en matière d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet et en appelaient à la vigilance des parents et des jeunes utilisateurs. Il faut en parler, maintenant !

Le web est un lieu public, même dans l’intimité de ta chambre. Une fois diffusé sur les médias sociaux, un banal sexto peut te rendre #fullcélèbre ou pire t’obliger à faire la connaissance de personnes que tu n’aurais jamais voulu rencontrer de ta VIE!

Foire aux questions

Suis-je à risque?

Les acteurs discrets, très discrets, de la cyberexploitation sexuelle connaissent bien le web et ses utilisateurs. Ils les voient défiler tous les jours sur leurs écrans. Et ils les surveillent. Ils s’adaptent aux nouvelles tendances et aux nouvelles plateformes. La cyberexploitation sexuelle peut prendre la forme de :

Sextos non consentis : L’acte de partager électroniquement des photos sexuellement explicites n’est pas criminel, sauf pour les mineurs. Mais pour les moins de 16 ans, envoyer ou détenir des sextos d’images intimes dans son téléphone où son ordi est illégal et passible d’accusations de détention de pornographie juvénile. Eh oui. Pour les plus de 16 ans, même si le partage de sextos d’inages intimes n’est pas criminel en soi, celui-ci peut le devenir… sans consentement, si ces sextos d’images intimes sont diffusés sur les médias sociaux. Mais là il est presque trop tard. C’est comme ça que Yasmine est devenue #full célèbre.

Cyber voyeurisme : L’acte de mettre en ligne des photos de personnes – le plus souvent des femmes – ou de parties de leurs corps prises à leur insu est criminel. Comme toujours, c’est la notion de consentement qui est ici absente. C’est une infraction passible d’accusations graves.

Cyber vengeance pornographique : L’acte de diffuser à grande échelle sur Internet les photographies sexuellement explicites, souvent après une rupture, dans le but de nuire est une infraction très sérieuse passible d’accusations criminelles. On compte environ 1000 cas par an au Canada.

Sextorsion : L’acte de faire du chantage dans lequel des images à caractère sexuel sont utilisées pour extorquer de l’argent aux victimes est un crime faisant partie d’une très vaste et très lucrative industrie opérant à l’échelle internationale.

Cyberprostitution : Nouvelles applications, multiplication des sites de rencontres et des agences d’escortes en ligne, marginalisation de la prostitution de rue, banalisation du sexe, la cyberprostitution a le vent dans les voiles! Les enfants et les jeunes sont de plus en plus ciblés par les proxénètes qui sont très actifs sur Internet pour les séduire, les contraindre et les menacer… sous le couvert de l’anonymat. Attention de mettre le doigt dans l’engrenage. C’est facile d’entrer dans le milieu prostitutionnel, c’est plus compliqué d’en sortir.

Est-ce que tu subi de la pression pour changer ton look et paraître plus sexy ? Le fait d’être continuellement exposées sur internet à des mots, photos, vidéos, jeux électroniques et messages hypersexualisés peut renforcer une image négative envers les filles. Des filles peuvent être incitées à se projeter continuellement dans des rôles compétitifs et hypersexualisés. En plus de susciter un sentiment d’impuissance, cela peut rendre les filles vulnérables à la cyberexploitation. Cette capsule vidéo produite par des filles du Programme « Juste pour elles » de la Maison d’Haïti permet de mieux comprendre l’hypersexualisation.

 « Je pensais pouvoir lui faire confiance, mais il l’a partagé à la mauvaise personne. J’aurais aimé savoir que ses actions étaient criminelles et que je n’étais pas coupable au lieu de subir cet harcèlement pendant 7 ans. »

– Julie, qui a subi du harcèlement à l’époque de son secondaire

Comment détecter une relation de confiance?
Si tu es actuellement en relation avec quelqu’un, rappelle-toi que tu risques moins l’auto exploitation ou l’exploitation par une autre personne si la relation est fondée sur l’attention, le respect et la dignité, Méfie-toi des comportements de domination comme la flatterie mensongère, l’insistance, voire l’acharnement (par exemple si l’autre n’accepte pas que tu dises non).Si tu es actuellement en relation avec quelqu’un, rappelle-toi que tu risques moins l’auto exploitation ou l’exploitation par une autre personne si la relation est fondée sur l’attention, le respect et la dignité, Méfie-toi des comportements de domination comme la flatterie mensongère, l’insistance, voire l’acharnement (par exemple si l’autre n’accepte pas que tu dises non).

« J’ai déjà eu un chum qui voulait des photos « sexy » de moi. Je comprends pas pourquoi, j’ai même pas de seins encore. J’ai eu de la misère à mettre ma limite avec lui, je l’aimais beaucoup. Il m’a laissé parce que j’étais pas assez déniaisée. »

– Fatima, en secondaire 1

Est-ce que c’est si grave d’envoyer ou de partager des photos ou des vidéos à caractère sexuel?
Bien que super répandue comme pratique, lorsque tu partages un message, une photo ou une vidéo intime avec une « connaissance », réalises que tu n’as jamais consenti à ce que ces images soient relayées à plusieurs autres personnes sur les médias sociaux. Il y a des conséquences importantes. Ce n’est pas anodin!

– Tu risques de perdre le contrôle de la photo ou de la vidéo.

– Ta photo ou ta vidéo pourrait très bien être retransmise à d’autres personnes par texto et se retrouver sur différents sites.

– Tu pourrais te faire ridiculiser ou harceler par tes pairs.

« Les gens ne sont pas toujours gentils et peuvent tout faire pour détruire ta vie » 

-Thomas

Comment se protéger contre les cyber risques
D’abord il faut prendre conscience des risques comme jeune utilisateur et comme parent. Ensuite en parler, si possible, en famille, entre amis, à l’école… partout!

Ne pas répondre à une demande de partage d’image ou de vidéo intime est définitivement une stratégie gagnante! Il s’agit d’éviter d’entrer en contact avec des individus en qui l’on n’a pas totalement confiance.

Il est aussi important d’activer les paramètres de confidentialité des différentes plateformes que tu utilises. Ceux-ci sont accessibles dans chaque environnement.

 «  J’ai remis mon compte Instagram privé. Quand il était public, je recevais des messages privés de vieux monsieur cochons. »

– Laura, en 5ième année

Ressources:
https://www.facebook.com/182144014082/videos/591934041759528
https://www.cyberaide.ca/pdfs/C3P_SafetySheet_Apps-short_fr.pdf
https://www.cyberaide.ca/pdfs/C3P_SafetySheet_OnlineLuring_fr.pdf
https://www.cyberaide.ca/pdfs/C3P_SafetySheet_OnlineExtortion_fr.pdf
https://www.cyberaide.ca/pdfs/C3P_SafetySheet_Smartphones_fr.pdf

Que faire si des photos ou des vidéos indésirables de toi sont en circulation?
Consulter les ressources proposées et agir.

1. Conserve des preuves (capture d’écran, adresses IP, textes, courriels)

2. Contacte les sites de médias sociaux concernés pour tenter de faire retirer tes images. Sur certaines plateformes il est possible de retirer le contenu.

Fais-toi confiance, écoute ta petite voix intérieure et demande-toi ce qui te rend mal à l’aise et pourquoi tu te sens comme ça. Tu peux aussi en parler à des gens de confiance et te référer à des ressources expertes.

Autres ressources :
https://www.aidezmoisvp.ca/app/fr/#
https://needhelpnow.ca/app/fr/
https://needhelpnow.ca/app/fr/removing_pictures-facebook

Un ami est dans une situation inconfortable et tu sens qu’il a besoin d’aide. Que faire?
En situation de détresse émotionnelle, on se sent souvent complètement seul et on a l’impression que personne ne s’intéresse à nous. Si tu penses qu’un ami est en difficulté, va lui dire que tu te fais du souci pour lui. Ouvre la porte.

– Contacte-le par téléphone ou par texto ou par Internet.

– Dis-lui précisément pourquoi tu t’inquiètes (p. ex. : « J’ai vu ton message d’hier soir où tu disais que tu te sentais seul. Veux-tu qu’on en parle? »).

– Demande-lui si tu peux faire quoi que ce soit pour l’aider.

– Si ton ami ne veut pas se confier à toi, encourage-le à parler à quelqu’un d’autre, par exemple à un autre ami, un parent ou un adulte de confiance.

– Attire l’attention de ton ami sur l’organisme Jeunesse, J’écoute, accessible au 1 800 668-6868. C’est un service de consultation anonyme et confidentiel pour les jeunes.

Ressources :
https://jeunessejecoute.ca/sujet/sexe-relations-amoureuses/le-sextage/
https://www.aidezmoisvp.ca/app/fr/helping_friends-how_to_help
https://www.teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/Amour/Vivre-une-relation-amoureuse
https://www.teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/Amour/Vivre-une-relation-amoureuse

Qui sont les « cappers » et pourquoi s’en méfier?
Les cappers sont des personnes qui capturent des images de jeunes qu’ils ont amenés par la ruse à se livrer à des actes sexuels en direct.

Les cappers abordent souvent les jeunes sur des plateformes populaires comme Instagram, Snapchat, Omegle, Chatroulette ou Skype et les invitent ensuite à poursuivre la conversation sur une autre plateforme de conversation vidéo.

Certains cappers se servent ensuite des photos ou des vidéos obtenues pour extorquer d’autres images intimes ou de l’argent aux jeunes et aux enfants. Ce stratagème extrêmement ciblé peut s’avérer extrêmement traumatisant pour la victime.

Ressource :
https://www.cyberaide.ca/app/fr/internet_safety-sextortion

Cette initiative est rendue possible grâce à l’appui financier de Développement économique Canada pour les régions du Québec et le gouvernement du Québec.

Merci à nos partenaires :

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